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La ville inversée

Illustration numérique avec GIMP

Pour beaucoup Photoshop représente le must have de tout graphiste. J'ai abondamment utilisé le premier pendant des années avant de passer définitivement à GIMP, et je l'ai fait sans regrets. Je dois dire que je n'ai jamais particulièrement apprécié les filtres sophistiqués et autre effets dont abusent d'ailleurs la plupart des dessinateurs sur tablette. Ayant fais mes classes sur le bon vieux 180 grammes de chez Canson avec mines de plomb, fusains, sanguines et autres craies, j'ai finalement retrouvés la plupart de ces sensations graphiques initiales en passant à GIMP. De plus, il me semble que la gestion des claques y est beaucoup mieux pensé, et la réactivité de ma Wacom Intuos Pro, en passant de l'environnement Windows à Linux, est devenue tout à fait optimale. Passer de la feuille papier à la tablette graphique fut en revanche beaucoup moins rapide, et même maintenant je préfère toujours travailler mes esquisses sur papier. Question de ressenti personnel. À ce stade du dessin j'ai toujours besoin du contact matériel entre les éléments pour que naissent mes idées.

La ville inversée,trois étapes (CC By Nc Nd)trois étapes (CC By Nc Nd)

De l'avantage des calques numériques

En revanche, l'un des inconvénients de la méthode traditionnelle réside évidemment dans le manque de souplesse lors de modification de la mise en page, des ambiances colorées, ou en cas de repentir dans le dessin. Le grand avantage du numérique, est de pouvoir réaliser plusieurs versions de son travail sans pour autant multiplier le temps passé, et donc, grace aux calques, de pouvoir retoucher et modifier son dessin de manière quasiment illimitée. Le point de départ était un petit dessin au crayon griffonné par jeu un jour de désœuvrement et oublié au milieu d'autres esquisses. L'original devait faire environ une vingtaine de centimètres de haut. Je l'ai donc scanné puis agrandi avec SmillaEnlarger avant de l'exporter sous GIMP. J'ai ensuite testé différentes atmosphères colorées avant de me fixer sur un choix définitif. Une fois cette première étape franchie, j'ai travaillé sur différents calques, répartissant sur chacun d'entre eux les éléments clés de ma mise en page. L'un pour la ville aérienne, l'un pour le ciel et les éléments qui l'occupent, un autre pour le marin dans sa barque, et le dernier pour l'océan.

Dans le style médiéval,entrelacs (CC By Nc Nd)entrelacs (CC By Nc Nd)

Élaboration d'un cadre à base d'entrelacs

Le dessin terminé, j'ai souhaité lui adjoindre un cadre jouant très vaguement avec l'idée des miniatures médiévales ou renaissances. Je me suis donc documenté sur les motifs d'art populaire et nanti de quelques représentations de monstres tarabiscotés, je me suis attaqué à imaginer une sorte de créature marine, mi poisson, mi dragon. Je me suis ensuite contenté ensuite de jouer des inversions et de la répétition du motif obtenu sur tout le pourtour du cadre, liant les éléments entre-eux avec quelques ajouts discrets.

Détail,La ville inversée (CC By Nc Nd)La ville inversée (CC By Nc Nd)

« Je trouve que c'est beau pour un marin d'être emporté mystérieusement par la mer. C'est plus joli qu'un enterrement. »
—Florence Arthaud

Le point le plus troublant à la fin d’une création, et finalement, je crois, de ne pas obtenir d’exemplaire physique unique. On ne sait pas trop ou se situe le noyau de la création; dans le fichier numérique source (qui peut d'ailleurs être multiple) ou dans l'impression qui peut également être répétée à l'infini. Le numérique permet d'accéder à cette phase qui n'appartenait autrefois qu'à la gravure ou la sérigraphie. Mais cette apparente perennité dissimule un paradoxe troublant. Chez Warhol, la répétition de la figure se rapportait à son exténuation (Le choix de ses sujets etant d'ailleurs souvent en rapport avec cette obsession de la mort). L'apparition fantastique accueillant ce marin peut finalement prendre un tout autre sens… Un vision intégrale du dessin terminé est disponible sur DeviantArt.

publié le 06/01/2020, à 14h12 par Frédéric Schäfer

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